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L'alcool au volant
Chacun est concerné
L'alcool au volant concerne tout le monde. Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, tous, à l'occasion, peuvent être confrontés à cette situation. Prendre l'apéro entre amis, fêter un anniversaire, arroser un bon repas, renouer avec une ancienne connaissance, célébrer une promotion, etc, les occasions de prendre un verre ne manquent pas ! Les risques de conduire avec des facultés affaiblies sont donc fréquents. Chaque année, l'alcool est responsable de centaines de vies fauchées ou gâchées par invalidité.
Pour chaque conducteur, l'alcool diminue la capacité de conduire et augmente les risques d'avoir un accident grave. Avec un taux de 0,8 ‰ d'alcool dans le sang (2 verres à jeun pour une femme de 50 kg et 3 pour un homme de 60 kg), un conducteur de 20 ans et plus court un risque 4 fois plus grand d'avoir un accident fatal qu'un conducteur sobre du même âge.
Comme l'apprentissage de la conduite d'un véhicule se fait parallèlement à celui de la consommation d'alcool, et à un moment de la vie où l'on aime prendre des risques, le mélange alcool + volant est vraiment dangereux pour les jeunes conducteurs.
Au cours des dernières années, les analyses des accidents de la route montrent que la conduite sous l'effet de l'alcool a lieu principalement la nuit, en fin de semaine, durant la saison estivale.

L'alcool au volant: comprendre ses effets
Contrairement à la nourriture, qui est transformée par la digestion, l'alcool passe rapidement dans le sang sans transformation. Il n'est donc pas assimilé et transformé par l'organisme comme les autres aliments.
L'absorption >>
Une fois l'alcool consommé, une petite quantité seulement s'en va directement de l'estomac au sang et environ 90% est assimilé par l'intestin grêle. De l'intestin, il passe dans le sang. Plusieurs facteurs peuvent influencer son absorption par l'organisme : la quantité consommée, la rapidité avec laquelle il est bu, le fait d'avoir mangé ou non au préalable et certaines particularités biologiques. De plus, l'état psychologique de l'individu peut favoriser l'augmentation de ses effets. Une personne stressée, ou fatiguée, risque de se sentir plus affectée à la suite de la consommation de quelques verres.
<< La diffusion
Dès que l'alcool parvient au système sanguin, il est propagé dans tous les tissus du corps. Parvenu au cerveau, il agit sur le système nerveux central, qui est notre centre de décision et de coordination musculaire. Cela explique les effets rapides de l'alcool sur le comportement.
Des facteurs individuels influencent sa diffusion: le niveau du flot sanguin, la vascularisation des organes, sa concentration dans le sang, le poids de l'individu et sa proportion en graisse. Par exemple, pour deux personnes présentant un poids santé différent (sans excès de gras), à quantité égale d'alcool consommé, celle qui est plus lourde aura en général une alcoolémie inférieure.
Son volume sanguin étant plus important, l'alcool sera donc plus dilué et elle aura par conséquent un taux d'alcool plus faible. Par ailleurs, à poids égal et à consommation égale, les femmes présentent généralement une alcoolémie supérieure à celle des hommes. Ayant, par nature, un volume sanguin plus petit et une plus grande proportion de tissus adipeux, elles ont, pour une même quantité consommée, une concentration plus élevée d'alcool dans le sang.
L'élimination >>
L'alcool est éliminé par un processus appelé oxydation, qui le décompose en oxyde de carbone et en eau. Le foie oxyde à lui seul plus de 90% de l'alcool consommé. Les reins, les poumons et la transpiration font le reste. Il est évident qu'un foie en mauvais état ralentira ce processus de transformation.

Au volant sous l'emprise de l'alcool
Les effets physiologiques
Précédemment, nous avons vu que l'alcool atteint rapidement le système nerveux central, qui est notre centre de décision et de coordination musculaire. Voyons maintenant comment il agit sur lui.
L'alcool perturbe les mécanismes régis par le système nerveux central qui, eux-mêmes, gouvernent différentes capacités. Il modifie notre perception de la réalité et nos sens sont rapidement affectés. Une certaine euphorie s'empare peu à peu de nous. Notre perception de nous-mêmes et des autres commence à changer.
L'alcool étant un dépresseur, il diminue nos tensions et nos inhibitions. Il nous rend souvent plus audacieux, mais il diminue également nos capacités. Notre concentration s'amenuise graduellement et nous sommes de moins en moins attentifs. Nos idées se brouillent et notre jugement est ralenti. Faire un geste, prendre une décision ne sont plus choses faciles. Notre jugement est perturbé et nous ne pouvons plus coordonner nos mouvements.
Les effets sur la conduite d'un véhicule
Conduire un véhicule est exigeant. Nous devons en tout temps être attentifs et capables de bien percevoir tout ce qui bouge autour de nous et d'anticiper certains événements. Nous devons également savoir juger, prendre des décisions rapidement et surtout savoir coordonner nos actions efficacement. Cela implique donc d'être en pleine possession de toutes nos facultés.Voilà pourquoi il est si important de ne pas associer l'alcool à la conduite d'un véhicule.
Les effets de l'alcool sont progressifs et commencent dès les premières consommations.
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Avec seulement 0,3 ‰ d'alcool dans le sang, le comportement de l'individu change et après 0,5 ‰, les effets sur la conduite d'un véhicule sont déjà significatifs. Progressivement, la vision panoramique, la perception auditive et la capacité d'évaluer les distances diminuent. Après quelques verres seulement, nous ne réagissons plus de la même façon. Très souvent, nous surestimons nos capacités tout en sous-estimant les dangers.
Nous sommes plus agressifs, nos gestes sont imprécis et nous maîtrisons moins bien le véhicule. En fait, notre jugement est affecté, notre capacité à évaluer correctement une situation est diminuée et notre aptitude à réagir rapidement aux dangers est considérablement réduite. Bref, nous sommes des conducteurs affaiblis et dangereux.


Médicaments et drogues + alcool
Comme l'alcool, certains médicaments et la plupart des drogues diminuent la capacité de conduire. Lorsque nous prenons un médicament, il faut toujours lire les mises en garde inscrites sur l'emballage.
La conduite d'un véhicule est souvent contreindiquée, même dans le cas de médicaments d'usage courant. Les médicaments dépresseurs du système nerveux sont redoutables puisqu'en plus de produire leur propre effet, ils augmentent celui de l'alcool. Parmi les plus couramment utilisés, retenons ceux que l'on prescrit pour le soulagement de l'anxiété et de l'insomnie. Les sédatifs (calmants) et les hypnotiques (somnifères) sont également dangereux. Il en va de même pour la plupart des antihistaminiques (pour les symptômes d'allergie) et des autres tranquillisants mineurs. Ces drogues vendues en pharmacie, ainsi que les autres, tels le cannabis, les hallucinogènes et les inhalants, sont également incompatibles avec la conduite.
En plus d'avoir leur effet propre sur l'organisme, les médicaments et les drogues, combinés avec l'alcool, provoquent des réactions qui diminuent la performance au volant et, par conséquent, augmentent les risques d'avoir un accident grave.

Six fausses idées qui ont la vie dure
Malgré toute l'information qui circule depuis plusieurs années sur l'alcool et la conduite avec les facultés affaiblies, un grand nombre d'idées fausses persistent. La première est que l'alcool est un stimulant. Au contraire, c'est un dépresseur qui agit rapidement sur le système nerveux central. Comme il affecte tous nos sens et nos mouvements, ses effets sur la conduite d'un véhicule sont donc importants.

1- Un bon café fait baisser l'alcoolémie
Un café noir ne dégrise personne. Pourtant, il nous donne l'impression de nous remuer les méninges. La raison en est que la caféine stimule sans toutefois diminuer l'alcoolémie. C'est pourquoi nous ne devons absolument pas nous fier à ce que nous ressentons lorsque nous prenons un café. Les effets de l'alcool sont toujours présents et notre capacité de conduire demeure diminuée. Pour éliminer l'alcool, le foie prend tout le temps qu'il lui faut. Le café n'accélère en rien son action.

2- Les boissons allongées et les cocktails sont moins riches en alcool
Les boissons allongées et les cocktails ne sont pas moins dangereux que les autres boissons alcoolisées. 50ml d'alcool dans un mélange de jus de fruits exotiques demeurent 50ml d'alcool! Le cocktail n'est pas toujours aussi léger qu'il en a l'air. Certains mélanges peuvent parfois retarder ou atténuer les effets de l'alcool. Comme les mélanges sont souvent «rehaussés» d'alcool sans mesure précise, ces savoureux cocktails risquent d'être plus forts que nous ne l'imaginions. Attention, les effets peuvent surprendre.

3- Danser, transpirer ou prendre une bonne douche dimuent l'effet de l'alcool
Prendre une douche froide, faire une marche ou danser comme un déchaîné ne diminuent pas l'effet de l'alcool. Rappelons-nous que c'est le foie qui en élimine la presque totalité. L'organisme en élimine également une certaine quantité par d'autres moyens : urine, respiration et transpiration. Cependant, moins de 10% d'alcool seulement peut être évacué de l'organisme de cette façon.Donc, pour se dégriser, il faut attendre que le foie exécute son processus de transformation de l'alcool.

4- Avec la bière, l'alcoolémie est moindre !
On pense que prendre de la bière plutôt qu'une autre boisson alcoolisée a moins d'incidence sur le comportement. Si l'on respecte les mesures standard pour chaque type de boisson, une bière de 25cl équivaut à un verre de vin, d'apéritif ou de spiritueux. Chacune de ces boissons contient la même quantité d'alcool. Donc, une personne qui prend trois bières ou trois scotchs consomme la même quantité d'alcool. Il sera assimilé un peu différemment par l'organisme, mais le résultat final (taux d'alcoolémie) sera le même.

5- Je ne risque rien : j'ai bien mangé après avoir bu !
Si nous consommons de l'alcool sans avoir mangé, notre estomac étant vide, l'alcool passe directement à l'intestin grêle, puis au sang et au cerveau. L'assimilation est sans obstacle et l'alcool nous monte à la tête.Voilà ce qui explique ses effets rapides dans une telle situation. Si nous mangeons après en avoir consommé, rien n'est changé. L'alcool est déjà rendu dans notre appareil circulatoire et il est trop tard.
Par contre, si nous prenons un verre lors d'un bon repas, le processus d'assimilation n'est plus tout à fait le même. La nourriture dans l'estomac absorbe une certaine quantité d'alcool. De plus, tant que la nourriture n'est pas complètement digérée, le sphincter entre l'estomac et l'intestin grêle se contracte et retarde le passage de la nourriture et de l'alcool dans l'intestin. Le processus d'assimilation est donc plus long et l'alcool arrive à notre sang plus lentement. Toutefois, même le plus plantureux des repas n'empêche pas une personne de s'intoxiquer si elle consomme trop. Dans une telle situation, une certaine quantité d'alcool traverse les parois de l'estomac pour passer dans l'appareil circulatoire et une autre partie suit les aliments digérés dans l'intestin grêle. Par conséquent, même en prenant un copieux repas, une personne qui consomme trop d'alcool n'échappe pas à l'intoxication.

6- Je ne risque plus rien : ça fait une heure que je ne bois plus !
Il est bon de prendre l'habitude de ne pas consommer d'alcool pendant l'heure qui précède la conduite d'un véhicule. Mais cette bonne habitude n'est valable que dans la mesure où nous limitons notre consommation au minimum. Pour une personne qui a trop consommé d'alcool, une heure d'attente ne changera rien à son état.
Rappelons-nous que l'organisme élimine beaucoup plus lentement l'alcool qu'il ne l'assimile. Pour éliminer complètement quelques verres, notre organisme prendra plusieurs heures. Par exemple, pour qu'une personne élimine un taux de 0,7 ‰ d'alcool de son organisme, il lui faudra attendre en moyenne près de cinq heures.
POUR ÉLIMINER L'ALCOOL, SEUL LE TEMPS EST EFFICACE.

Les solutions au problème de l'alcool au volant
Il existe des solutions au problème majeur de la conduite avec les facultés affaiblies. Mais peu importe la solution choisie, il y aura toujours une décision que l'individu devra prendre face à lui-même et face aux autres.

Facile de prendre une décision ?
À vrai dire, pas vraiment, même si objectivement nous avons une bonne connaissance des effets de l'alcool, des lois en vigueur et des sanctions. Nous sommes humains, donc pas toujours rationnels ! Il faut le savoir et savoir se méfier de nos réactions :
- l'alcool perturbe notre jugement et celui de nos convives,
- la pression est parfois très forte, il est facile de succomber (nous sommes bien entourés, le repas est bon et l'envie d'un autre verre est irrésistible).

J'insiste pour empêcher mes amis de boire et conduire
Chacun d'entre nous a le devoir d'intervenir en empêchant les personnes qui nous sont chères de conduire avec les facultés affaiblies. Nous devons insister en affichant clairement notre réprobation, en appuyant clairement ceux qui interviennent auprès des gens qui veulent conduire malgré leur incapacité à le faire. Empêcher quelqu'un de conduire avec les facultés affaiblies, c'est notre responsabilité, c'est intelligent et c'est une preuve d'amitié. Insister en groupe, c'est encore mieux et plus efficace.

Vous sortez ?
Si vous sortez, laissez votre voiture à la maison. Optez pour un taxi ou le transport en commun à l'aller comme au retour, ou encore, pour un conducteur désigné dans votre groupe qui s'abstiendra de consommer de l'alcool.
Vous aurez alors l'esprit tranquille et passerez un bon moment sans vous poser de questions. Autre soluton : n'hésitez pas à demander l'hospitalité à vos amis.

Vous recevez, organisez une fête ?
Quand vous recevez ou préparez un quelconque événement, intervenez avant, pendant
et après la fête. Au moment de l'invitation, suggérez à vos amis de voyager en groupe et de s'assurer que leur conducteur restera sobre.
Donnez-leur une tabelle d'alcoolémie afin que ceux qui conduisent puissent calculer le nombre de verres qu'ils pourront boire en restant dans les limites légales.
Pour la soirée, prévoyez des sièges pour le plus grand nombre de personnes possible. Assis, les gens ressentent moins le besoin d'avoir un verre à la main.
Pensez à offrir un assortiment de boissons non alcoolisées ou désalcoolisées.
Servez, dès le début de la soirée, des amuse-gueule à haute teneur en gras et protéines (fromages, charcuteries, biscuits non salés...) qui donnent moins soif et limittent la consommation d'alcool.
Pendant la soirée, contrôlez le service des boissons alcoolisées au lieu de laisser les invités se servir eux-mêmes. Utilisez un doseur au lieu de vous fier à votre oeil pour mesurer la quantité d'alcool que vous mettez dans vos boissons.
Limitez votre propre consommation pour être en mesure de juger de l'état de vos invités. Soyez vigilants et assurez-vous que ceux qui désirent boire des boissons non alcoolisées peuvent le faire sans difficulté.
À la fin de la soirée, offrez café, thé ou jus de fruits plutôt que «le dernier verre pour la route» ! Cessez de servir des boissons alcoolisées au moins une heure avant la fin de la soirée. Ainsi, vous laisserez agir le temps pour éliminer l'alcool.
Proposez à ceux qui vont prendre le volant, sous forme de jeu, de tester leur taux d'alcool à l'aide d'un éthylotest.
Au moment du départ, ne laissez jamais quelqu'un prendre le volant avec les facultés affaiblies. Raccompagnez-le, gardez-le à coucher, emparez-vous de ses clés de voiture s'il le faut ou payez-lui un taxi, mais ne le laissez pas partir dans cet état.

Une responsabilité sociale
Nous avons tous une responsabilité sociale, un rôle à jouer dans la lutte contre la conduite avec les facultés affaiblies.
La vie humaine n'a pas de prix. Personne ne veut la perdre ou se retrouver handicapé à cause de celui qui a pris la route sans réfléchir. Rien ne remplace le parent, l'ami, l'employé ou le client victime d'un accident de la route.
Pour la collectivité, la conduite en état d'ébriété est trop souvent la cause de la perte du bien le plus précieux, la vie.
La conduite avec les facultés affaiblies coûte également très cher à la société (frais médicaux, judiciaires, hospitalisation, indemnisation, pertes économiques et de productivité).
Il existe des moyens pour intervenir. À chacun de choisir les plus appropriés et d'en découvrir de nouveaux, avec la complicité de son entourage. C'est dans la mesure où tous s'engageront personnellement que nous viendrons à bout de ce fléau.

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