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La Dépendance
Brutale ou progressive selon les produits, la dépendance est installée quand on ne peut plus se passer de consommer, sous peine de souffrances physiques et/ou psychiques.
La vie quotidienne tourne largement ou exclusivement autour de la recherche et de la prise du produit: on est pharmacodépendant.
Les spécialistes considèrent que la dépendance relève d'une pathologie chronique et récidivante. L'arrêt de la consommation du produit est possible, mais le risque de rechute demeure, car l'organisme a gardé en mémoire les éléments qui poussent à consommer.

Les 3 modes de consommation
1. L'usage
L'usage est une consommation de substances psychoactives qui n'entraîne ni complications pour la santé, ni troubles du comportement ayant des conséquences nocives sur les autres.
C'est souvent le cas chez les adolescents ou jeunes adultes qui expérimentent par curiosité, pour s'amuser ou pour imiter les autres par effet d'entraînement.
La plupart du temps, ils semblent s'en tenir là, sans risque d'une éventuelle escalade. Il s'agit aussi des consommations occasionnelles et modérées qui concernent un nombre important d'usagers d'alcool. L'usage n'entraîne pas d'escalade dans la grande majorité des cas. Les produits consommés de cette manière sont variables d'un pays à l'autre (l'alcool étant le plus fréquemment rencontré).
2. L'abus ou l'usage nocif
L'usage nocif ou usage à problème est une consommation susceptible de provoquer des dommages physiques, affectifs, psychologiques ou sociaux pour le consommateur et pour son environnement proche ou lointain.
Le danger du passage de la consommation récréationnelle à l'abus vient du fait que s'installe peu à peu une augmentation de la réactivité des cellules nerveuses, en particulier celles qui libérent de la dopamine.
Voir : Cerveau et dépendance.
Cela signifie simplement que l'organisme s'habitue peu à peu à cette consommation en modifiant la réponse (émotionnelle, adaptative, hédonique, etc.) produite par la drogue, qui est ressentie comme plus puissante à chaque prise et, de ce fait, plus impérieusement exigée. Si après une telle pratique, souvent tenue comme simplement abusive et que l'on pourrait donc croire sans danger majeur, la consommation cesse, l'organisme réclame impérativement la drogue du fait de cette l'hyperréactivité.
C'est le signe de l'entrée dans la spirale infernale de l'addiction (on devient accro).
C'est ce stade critique (entre consommation et abus) qui doit être dépisté le plus rapidement possible car c'est un signal d'alarme fort de détresse psychologique qui doit trouver immédiatement une assistance environnementale.
Cet usage n'est pas uniquement lié à la quantité consommée en une seule fois (l'abus), ni à la répétition d'une consommation modérée et contrôlée de certaines substances. Les risques tiennent à la dangerosité spécifique du produit, aux dommages pour la santé et aux conséquences sociales de la consommation.
Les risques pour la santé
(risques sanitaires) :

l'usage est nocif lorsqu'il entraîne une détérioration de l'état physique, la complication de certaines maladies, voire des décès prématurés.


Les risques pour la vie quotidienne
(risques sociaux) :

l'usage est nocif dans les situations où la consommation et ses effets peuvent occasionner un danger, entraîner des dommages pour soi et pour les autres.

3. La dépendance
10 questions pour mesurer une dépendance
La dépendance (ou addiction) à une substance psychoactive est caractérisée par le fait d'en poursuivre la consommation, tout en étant conscient des conséquences négatives que celle-ci entraîne dans sa vie privée ou professionnelle.
La pharmacodépendance est définie comme étant un ensemble de phénomènes comportementaux, d'intensité variable, dans lesquels la consommation d'une ou de plusieurs substances psychoactives devient hautement prioritaire et dont les caractéristiques essentielles sont le désir compulsif de se procurer souvent, par n'importe quel moyen, la ou les substances en cause. Cette recherche permanente qui définit l'état de dépendance peut aboutir à l'auto-administration de ces substances à des doses produisant des modifications physiques ou comportementales qui mettent en danger le consommateur lui-même et/ou son environnement (dangerosité sociale), ce qui constitue un problème de santé publique.
C'est la raison pour laquelle se développent des thérapies à la fois à base de médicaments et à base d'assistance psychothérapique. Seule l'association de ces deux approches donne des résultats satisfaisants en termes d'abstinence.

Inégaux devant la toxicomanie
Tous les individus ne sont pas égaux devant le risque toxicomaniaque. Ainsi, une très grande majorité des usagers occasionnels ne répètent pas leur première expérience et, surtout, 90 % des usagers de drogues illicites ne deviennent pas dépendants.
Il existe de nombreux facteurs génétiques, socioculturels, environnementaux, etc.) qui participent à la vulnérabilité de chaque individu devant la prise de drogue puis son abus et enfin sa dépendance. De ce point de vue, il est important de noter que les états dépressifs, les troubles obsessionnels compulsifs et l'anxiété sont retrouvés avec une très forte incidence chez les sujets dépendants à l'alcool, l'héroïne et la cocaïne.

Alcool et dépendance
Certaines personnes risquent de passer d'une consommation récréative contrôlée (usage), à une consommation excessive non contrôlée (usage nocif) ou (usage à problème). Les troubles liés à la consommation excessive d'alcool surviennent à des moments très variables selon les individus. Certains vont vivre des ivresses répétées avec de longues interruptions sans devenir pour autant dépendants. Cet usage reste toutefois à problème.

Un consommateur excessif peut évoluer en 3 étapes vers la dépendance alcoolique :
1. Aucun dommage majeur n'apparaît.
Les activités professionnelles, sociales et familiales sont globalement conservées.
La santé mentale et physique n'est pas altérée de manière significative.
2. Des difficultés d'ordre relationnel, social, professionnel, judiciaire apparaissent.
La santé physique et mentale amène parfois la personne à réduire ou à arrêter momentanément sa consommation (abstinence).
3. La personne est devenue incapable de réduire ou d'arrêter sa consommation, malgré la persistance des dommages.
De nombreux symptômes apparaissent : tremblements, crampes, anorexie, troubles du comportement. Le consommateur est alors alcoolo-dépendant.


Dépendance psychique et physique - voir aussi Le sevrage
Il existe 2 dépendances, associées ou non, qui se caractérisent par des symptômes généraux:
1. La dépendance psychique
La privation d'un produit entraîne une sensation de malaise, d'angoisse, allant parfois jusqu'à la dépression. Une fois qu'elle a cessé de consommer, la personne peut mettre du temps à s'adapter à cette vie sans le produit. Cet arrêt bouleverse ses habitudes, laisse un vide et permet la réapparition d'un mal-être que la consommation visait à supprimer.
Cela explique la survenue possible de rechutes ; elles font partie du lent processus qui, à terme, peut permettre d'envisager la vie sans consommation problématique.
2. La dépendance physique
Certains produits entraînent une dépendance physique : l'organisme réclame le produit à travers des symptômes physiques qui traduisent un état de manque.
La privation de certains produits tels que les opiacés, le tabac, l'alcool et certains médicaments psychoactifs engendre des malaises physiques qui varient selon le produit : douleurs avec les barbituriques et les enzodiazépines.
Ces symptômes peuvent être accompagnés de troubles du comportement (anxiété, irascibilité, angoisse, agitation...).

Dépendance: premiers signes révélateurs
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Fréquents changements d'humeur
- Négligence dans la tenue et l'hygiène
- Désordres dans l'alimentation
- Absences répétées à l'école
- Opposition à toute discipline
- Dégradation des relations familiales
- Changement du cercle d'amis
- Besoins d'argent constants (emprunts fréquents, petits vols)
- Manque de motivation. Mauvais résultats scolaires
- Inactivité (abandon du sport, des études, des sorties au vert)
- Violences

Alcoolo-dépendance: symptômes
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Impossibilité de résister au besoin de boire
- Accroissement d'une tension interne, d'une anxiété, avant la consommation
- Soulagement ressenti lors de l'absorption
- Sentiment de perte de contrôle de soi pendant la consommation
La privation entraîne :
- des malaises physiques (sueurs, tremblements, crampes, perte d'appétit, insomnies)
- des malaises psychiques (anxiété, irritabilité, angoisse)
- des risques liés à la dépendance et au manque.

Sevrage: vers la liberté
Lorsqu'une personne arrête de manière brutale ou progressive la prise d'une substance psychoactive, on parle de sevrage. Pour libérer l'organisme du besoin de la substance sans les effets physiques du manque, les personnes pharmacodépendantes peuvent trouver une aide médicale et psychologique. Il leur est proposé un traitement approprié qui peut prendre la forme d'un sevrage sous contrôle médical ou d'un traitement de substitution. Le suivi et l'accompagnement psychologique apportent une aide précieuse pour surmonter les difficultés du sevrage.
Généralement, ce soutien favorise et renforce les résultats attendus.
Voir aussi Le sevrage

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