Alcool et cannabis: conséquences au volant
Auto Plus soumet six cobayes à des tests de conduite sur circuit fermé: résultats inquiétants !
Anonymes et volontaires, consommant de façon plus ou moins régulière alcool et cannabis (ayant eux-mêmes fourni les produits illicites), ils se sont soumis à 5 épreuves sous le contrôle d'un médecin (conduite avec des taux d'alcoolémie allant de 0,7 g/l à 0,9 g/l).


Epreuve numéro: Contrôle de la vision. Sous cannabis seul, le journal constate une dilatation des pupilles chez tous les sujets avec un temps de récupération double après éblouissement pour la moitié d'entre eux. D'après le magazine, l'alcool seul semble moins affecter la vision, malgré une perte sensible de la vision nocturne chez un sujet et une accommodation moins performante chez un autre. Sous alcool et cannabis, aux problèmes évoqués plus haut, s'ajoutent chez la moitié des participants des problèmes de mouvements des yeux (oculomoteurs) qui quand ils sont très marqués peuvent provoquer une vision double.

Epreuve numéro deux: Précision des manœuvres (deux marche arrières, deux marche avant dans des S matérialisés par des cônes). Sous cannabis presque tous réussissent le test mais ils ralentissent le rythme et hésitent. Sous alcool, pour les garçons c'est à celui qui ira le plus vite (jusqu'à 21 secondes gagnées par rapport au parcours sous cannabis) ce qui se paie par l'écrasement de cônes. Sous alcool et cannabis de très nombreuses fautes : porte loupée, voiture qui cale, confusion des pédales. Cet exercice montre que c'est l'alcool qui provoque les plus fortes dégradations, poussant à la faute par une surestimation de ses capacités.

Epreuve numéro trois: Efficacité du freinage. Sous cannabis seul, tous ont bien du mal à appuyer sur le champignon. D'où une dégradation des résultats assez minime sauf chez deux sujets. Sous alcool seul, 4,4 mètres d'augmentation de la distance de freinage chez une jeune femme et deux mètres pour une autre et deux garçons. Sous alcool et cannabis, dégringolade générale: jusqu'à 6 mètres de rallonge. Le cannabis permet encore de faire illusion sur certains, toutefois ses effets font mauvais ménage avec les exigences de la conduite. Pour l'alcool les effets sont immédiats et spectaculaires et avec des réflexes émoussés, la catastrophe guette.

Epreuve numéro quatre: Précision du freinage (ballon placé en ligne droite, les "cobayes" devant estimer le moment où ils doivent freiner pour s'arrêter un mètre avant l'obstacle). Sous cannabis seul, vitesse inférieure à celle recommandée et freinage trop précoce d'où toutefois évitement du crash. Sous alcool seul, le ballon vole à plusieurs mètres. Sous alcool et cannabis : anticipation exagérée avec en plus des erreurs dans le maniement du levier de vitesse ou des pédales. Le magazine souligne que là ou le cannabis peut permettre d'éviter l'accident en incitant à ralentir le rythme, l'alcool lui, entraîne un surcroît d'optimisme nuisible à la sécurité.

Epreuve numéro cinq: Contrôle en virage (s'engager à 50 km /h dans un étroit virage matérialisé par des cônes -(simule une trajectoire qui se referme)- sachant qu'au signal du moniteur il faut freiner sans toucher les cônes). Sous cannabis à peu près tous renversent des cônes malgré un rythme pépère. Sous alcool seul, ils sont euphoriques, trop rapides, confondant les pédales (quinze quille broyées au total contre une seule à jeun). Sous alcool et cannabis, c’est catastrophique: roues bloquées, flou total dans la direction, vitesses d'entrée en virage délirantes et les instruction du moniteur ne sont respectées en rien . Ils sont incapables de se concentrer dit -il. Ca vire au drame car le cannabis nuit indéniablement à la coordination des membres et sous alcool un exercice délicat se transforme en concours de dextérité entre les participants.
Dans le bilan global du test, Auto Plus affirme que les dégradations que provoque le cannabis au volant se montrent légèrement inférieures à celles dues à l'alcool, mais sont bien réelles, se faisant au détriment de la vision, des réflexes, de l'appréciation des distances et de la perception de l'espace. Le journal qui juge donc qu'il y a urgence à traiter le problème, surtout si on considère que les joints s'accompagnent la moitié du temps de quelques verres. Il estime que les solutions vraiment efficaces restent à venir, à la fois sur les volets préventifs et répressifs.

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