ALCOOL et GROSSESSE
Une consommation sans danger pour la maman ne l'est pas toujours pour le bébé car l'alcool franchit le placenta et passe dans le sang du fœtus qui n'a pas encore un foie capable d'éliminer, d'où des anomalies cellulaires.
Futures mamans, dites surtout NON à l'alcool car aujourd'hui on sait que l'alcool même à faible dose est toxique pour l'enfant à naître et surtout pour son cerveau. Prenez garde aux pressions amicales de l'entourage à boire «un petit verre » qui «ne peut pas te faire de mal». À dose élevée le risque est encore plus élevé. Ainsi, par ex, avec 3 verres de vin par jour, la probabilité que l'enfant soit atteint du syndrome d'alcoolisation fœtale est forte (bébé plus petit que la moyenne, retard de croissance, nombre accru de malformations). L'organe le plus touché dans ce cas est le cerveau : quotient intellectuel inférieur à la moyenne, problèmes de concentration et de mémoire, socialisation difficile. Des doses dites modérées d'alcool provoquent également des désordres chez les bébés. Par exemple boire une seule fois, mais beaucoup en peu de temps (5 verres et plus), est particulièrement dangereux.
Pour les médecins aucune quantité, même minime, n'est absolument sans danger pour le fœtus. D'où leur préconisation de ne consommer aucun alcool pendant neuf mois. En effet, dans les cas les plus légers, ce n'est souvent que des années après la naissance qu'on découvre les difficultés de l'enfant. Les signes sont alors les mêmes qu'en cas de Syndrome Fœtal Alcoolique (mal à retenir, concentration difficile, frustration mal gérée, violence).
La France fait état de la naissance chaque année de 7000 enfants atteints de SAF (syndrome fœtal alcoolique), soit une naissance sur 100. Les chiffres sont identiques dans les autres pays occidentaux.
Il est à déplorer que les dangers de l'alcool pendant la grossesse ne soient pas suffisamment enseignés dans les universités, mais aussi que trop de médecins les sous estiment et n'abordent pas ce sujet avec leurs patientes. Pourtant, dans la plupart des cas il suffirait d'informer les femmes et de les aider à arrêter ou à diminuer leur consommation si elles boivent.
Alors, parlons en, faisons passer l'information au plus grand nombre pour éviter que des bébés soient encore victimes par ignorance.
Conclusion : souhaitons que l'Etat se saisisse du problème car il est le seul à pouvoir mettre en place une action globale de prévention, d'information et de prise en charge.

Santé Magazine - mai 2004

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