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Consommation modérée
Une consommation modérée d'alcool peut accroître le désir sexuel. L'effet stimulant vient de son effet libérateur sur les inhibitions. En les percevant comme moins menaçantes, les fantasmes occupent une plus grande place dans l'imaginaire et intensifient le désir sexuel. On note aussi une diminution de l'anxiété qui contribue à surmonter la timidité devant la séduction, à se sentir plus confortable dans les relations intimes et plus à l'aise pour s'abandonner pendant la rencontre. Cette facilité accrue à se laisser aller pourrait expliquer aussi le fait que certaines femmes disent ressentir des orgasmes plus intenses sous l'influence de l'alcool, même si cela demande souvent une stimulation prolongée. La diminution des perceptions sensorielles est également un effet connu de l'alcool qui influence la maîtrise des réactions sexuelles, comme l'éjaculation. Le désir peut être accru, cependant la performance peut laisser à désirer!

Alcool et sexualité
Le Dr G. de Larocque, médecin sexologue et alcoologue, présente la réalité médicale.

Un peu d'alcool agit-il sur la sexualité?
Un peu d'alcool semble améliorer l'érection chez l'homme, retarder l'éjaculation. Il s'agit d'une impression.

Si le ralentissement de l'éjaculation est réel, et a été étudié scientifiquement, il n'en est pas de même pour l'érection. L'effet d'un peu d'alcool sur l'érection est uniquement un effet d'attente. Si un homme pense avoir bu de l'alcool, son érection est de meilleure qualité, qu'il s'agisse vraiment d'alcool ou d'une boisson que l'on fait passer pour tel. En revanche, s'il croit boire une boisson non alcoolisée, son érection ne varie pas, même s'il s'agit d'alcool.

Et pour les femmes?
Chez elles, l'effet de l'alcool est étonnant. À petites doses, il semble augmenter la lubrification et la sensation orgasmique. Mais plus une femme boit, plus elle a l'impression d'être excitée, alors qu'en réalité,c'est le contraire qui se produit. Quand on enregistre sa lubrification vaginale, plus elle boit et moins son vagin est lubrifié, alors qu'elle a l'impression d'être physiquement plus excitée. L'effet positif de l'alcool sur le corps est donc imaginaire. On ne peut cependant pas en déduire qu'il le soit aussi sur le mental.

C'est quoi un peu d'alcool?
Un petit peu d'alcool correspond à un maximum de 3 verres pour un homme et 2 verres d'alcool pour une femme. Au-delà, on entre en zone de toxicité. Le foie n'arrivant plus à dégrader l'alcool en trop grande quantité dans le sang, l'alcool arrive au cerveau et l'agresse. Il devient toxique.

Et pour des doses supérieures?
Chez l'homme, au-delà de 3 verres, l'effet sur l'érection est très négatif. S'il boit plus risque la panne. Et sur l'éjaculation, le risque est de ne pas arriver à l'orgasme. On observe ainsi des anéjaculations. Chez la femme, l'alcool a un effet de relâchement des muscles. Du coup, certaines qui ont habituellement des tensions au niveau des muscles vaginaux empêchant la pénétration, peuvent utiliser ce moyen pour pouvoir avoir des relations.

L'alcool est-il une aide?
Ce n'est jamais une bonne idée, même à faibles doses. Car l'alcool a un effet de tolérance. Cela signifie que si, au début, l'alcool semble aider (par exemple à ralentir l'éjaculation pour un homme ou à supporter une pénétration chez une femme), il faudra augmenter progressivement les doses pour obtenir le même effet. C'est donc extrêmement dangereux car on met le doigt dans un engrenage qui peut mener à la dépendance alcoolique. Peu de personnes ont conscience du fait que de nombreux alcooliques ont commencé à boire pour tenter de surmonter une difficulté sexuelle. L'alcool est donc totalement à proscrire en tant que «médicament», que ce soit pour pallier une timidité, une difficulté érectile, d'éjaculation, de lubrification ou d'orgasme. Interview E-sante

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Erection et Alcool
Consommation abusive
Avec l'alcool, les inhibitions peuvent être dépassées voire outrepassées, selon la quantité consommée et le niveau de tolérance de chacun.
Sous l'effet d'une trop grande consommation d'alcool, le plaisir et l'intérêt sexuel cèdent la place à des sentiments désagréables accompagnés de difficultés sexuelles. L'impact majeur se situe au niveau de la capacité érectile. Plus la consommation est importante, plus les difficultés érectiles le sont.
L'abus d'alcool implique un plus long délai avant l'obtention d'une érection rigide, une difficulté à la maintenir ainsi qu'une éjaculation et un orgasme moins satisfaisants.
En plus de ces difficultés érectiles, l'alcoolisme engendre une féminisation de l'homme (augmentation des seins, diminution de la pilosité et atrophie des testicules). L'alcool est en effet responsable de la baisse de testostérone qui est à l'origine du désir sexuel et qui favorise l'érection.
Cette perturbation est encore plus grave pendant la puberté
En cas de consommation abusive, une diminution du désir, de l'excitation et de la satisfaction sexuelle est également observée chez la femme.